Pour plus de réussite… Changeons la Licence !

Un étudiant sur deux échoue en 1ère année et 150 000 jeunes sortent du système éducatif sans qualification. Ce taux d’échec est du au sous-encadrement chronique dont souffre l’université depuis 30 ans ainsi qu’à l’absence d’évolution des modes d’apprentissage. Les étudiants issus de milieux modestes sont les premières victimes de l’échec universitaire : alors que 12% d’enfants d’ouvriers accèdent à la Licence, ils ne sont plus que 5% en master…

En 2008, suite à plusieurs années de campagne, l’UNEF demande et obtient la mise en place du plan Licence, destiné à lutter contre l’échec. Trois ans plus tard, faute de moyens humains et financiers suffisants et d’un réel pilotage du plan Licence, celui-ci na pas rempli ses objectifs et l’échec en Licence est toujours aussi massif. Face à cela, le gouvernement vient d’annoncer le lancement d’une 2ème étape du plan réussite en Licence.

Nos priorités pour la licence :

La licence est aujourd’hui dans son contenu totalement inadaptée aux besoins des étudiants et à la réussite de tous. Elle est aujourd’hui exclusivement centrée sur une matière,  spécialisant à outrance les étudiants dès leur première année et leur fermant de nombreuses portes d’orientation. Elle reste également très académique et ne permet pas de préparer les étudiants à leur insertion professionnelle. L’UNEF exige :

  • La compensation semestrielle des notes

Alors que l’UNEF a obtenu la compensation annuelle, qui permet de faire se compenser les notes sur l’année, l’université Paris 2 ne respecte pas la compensation semestrielle (compensation des matières fondamentales et complémentaires au sein du semestre) qui relève pourtant de l’arrêté Licence !

  • L’interdiction des notes éliminatoires

L’interdiction des notes éliminatoires ou « notes planchers »: elles sont contraires au principe de la compensation semestrielle, garantie par les textes réglementaires, et anti-pédagogiques car elles font office de sanction couperet.

  • Une licence pluridisciplinaire

La construction de licences pluridisciplinaires pour permettre une orientation progressive

  • Le recrutement d’enseignants

Le recrutement de 2000 enseignants chercheurs et de 2000 personnels IATOSS par an pendant 5 ans, pour résorber le sous-encadrement

  • L’augmentation du taux d’encadrement

Le nombre d’heures de cours doit être de 25h/semaine minimum avec augmentation de la part des TD qui doivent accompagner pédagogiquement les étudiants.

  • 50% de contrôle continu

Le contrôle continu doit représenter 50% de la note d’un semestre et être constitué d’au moins 3 épreuves au minimum.

  • Et aussi…

–  Des modalités spécifiques d’examens doivent être prévues pour les étudiants salariés.

–  Des garanties quant au maintien des rattrapages y compris dans le cas de la mise en place du contrôle continu.

–  L’instauration de 3 heures hebdomadaires minimum de langues vivantes.

–  L’intégration de modules de préparation à l’insertion professionnelle dans toutes les maquettes pédagogiques (rédaction de CV, droit du travail, entretiens).

–  L’intervalle entre la première et la seconde session doit prévoir des dispositifs pédagogiques spécifiques et notamment : des corrigés de partiels, permanences par les enseignants, consultations des copies, cours de rattrapages et de méthodologie. D’autre part, des cours de remise à niveau au 2nd semestre pour les étudiants ayant échoué lors du 1er doivent être mis en place.

Pour un cadrage national des diplômes

Le cadrage national des diplômes et des règles d’examens est une nécessité pour que la Licence change réellement et que nous n’en restions pas à de simples déclarations d’intentions appliquées à la carte par les universités. Il s’agit également de redonner une cohérence et une lisibilité là où l’absence de cadre réglementaire a laissé la place à une profusion de diplômes incohérents.

L’instauration d’une réglementation nationale des intitulés de diplômes avec des obligations quant à leur contenu afin d’améliorer la lisibilité de formation sur le territoire et garantir partout une formation de qualité.

Cadrer nationalement le Plan « Réussite en Licence »

Le dévoiement du Plan « Réussite en Licence » par certaines universités au profit de la mise en place de filières d’excellence (comme à Assas avec le détournement des apports financiers du plan « Réussite en Licence » destinés normalement à aider les étudiants les plus en difficulté, vers un diplôme universitaire, le Collège de Droit, pour ceux des étudiants qui ont le moins de difficultés) ou de parcours au rabais pour les étudiants en difficulté, ainsi que l’absence de mise en place de la plupart des dispositifs prévus dans ce plan, démontrent l’urgence de le cadrer nationalement. L’attribution des crédits de ce plan aux universités doit être conditionnée à l’augmentation du volume horaire et de la part de cours en petits groupes, à la mise en place de cours de soutien supplémentaires pour les étudiants en difficulté, à la mise en place de dispositifs pédagogiques spécifiques pour les étudiants salariés et à la généralisation des cours de langues et d’informatique dans les cursus.

A Paris 2, l’UNEF demande:

  • L’effectivité de la promesse de TD à 25 étudiants maximums

La promesse faite par l’université, de TD à 25 étudiants maximum, permettant plus de pédagogie et d’interactivité, le développement du travail en groupe, etc. a fait long feu ; l’UNEF demande à l’université de tenir ses engagements pour les étudiants !

  • Le développement du tutorat

Étendre le tutorat à toute la licence et toutes les filières. Œuvrer au rapprochement entre tuteurs et chargés de TD.

Développer le tutorat en particulier avant les examens et entre la première et la seconde session d’examens (les rattrapages).

  • De réels cours d’anglais et des modules de professionnalisation

La mise en place de véritables cours d’anglais dès la L1. Le développement de l’enseignement d’une seconde langue vivante.

L’ouverture dans toutes les filières de modules de professionnalisation.

  • Une reconnaissance ambitieuse des connaissances

Contre la sélection par l’échec qui tend à poser le plus d’obstacle à la reconnaissance des compétences des étudiants, l’UNEF demande des mesures ambitieuses permettant aux étudiants de valider leurs acquis :

– lorsque les étudiants ont été empêchés, la mise en place d’une vraie session balai directement après les examens.

– la capitalisation de chacune des matières validées.

– la prise en compte, suite à la seconde session d’examens (les rattrapages), de la meilleure note des deux sessions.

– la généralisation de l’AJAC (AJourné mais Autorisé à Continuer) permettant à un étudiant ayant validé un semestre, de passer à l’année supérieure pendant laquelle il doit alors repasser ses matières non validées.

– la cohésion du contrôle continu entre chargés de TD d’une même équipe, mais encore entre les différents enseignements.

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