Projet IDEX : « SUPER », un élitisme au service d’une université à deux vitesses

Dans un contexte marqué par la crise et la rigueur budgétaire, les universités françaises ne dérogent pas à la règle. Alors que les budgets de fonctionnement stagnent ou baissent, l’UNEF dénonce l’attitude du gouvernement qui, au lieu de répartir les crédits issus du grand emprunt en renforçant les filières qui en ont le plus besoin, a mis en place une logique d’appels à projets « d’excellence » (IDEX : « Initiatives d’Excellence »). Ce financement s’opère en fonction des objectifs de restructuration universitaire au détriment du financement en fonction des besoins. Le projet « SUPER » (IDEX du PRES de Paris 2, 4 et 6, rejoints pour l’occasion par l’UTC) s’inscrit pleinement dans cette démarche. Élaboré en catimini, sans concertation réelle de la communauté universitaire, il favorise non pas l’excellence, mais l’élitisme et la création d’une université à deux vitesses.

Sous couvert d’excellence, c’est l’élitisme que l’on nous propose.

Le projet SUPER prévoit la construction d’une université à deux vitesses de la licence au doctorat. 
Via des pôles, d’abord, qui seront les seuls à recevoir la manne du Grand Emprunt Sciences, Ingénierie, Droit des affaires, Santé ainsi que le CELSA et un futur « Institut Universitaire de Formation Appliquée ». Autour de ces pôles se développent des masters et des doctorats d’excellence qui seront « alimentés » via des licences d’excellence regroupées dans le « collège de la Sorbonne ». Ce collège rassemble les doubles licences sélectives ainsi qu’une licence pluridisciplinaire santé droit et SHS qui  ne sera ouverte qu’à une poignée d’étudiants triés sur le volet. L’UNEF interpelle la communauté universitaire sur cette mise en concurrence pure et simple entre les filières. En concentrant ainsi les moyens, de nombreux autres enseignements vont être délaissés.
L’UNEF dénonce la manœuvre qui vise à pousser les universités partenaires du PRES à restructurer leur budget. L’État, par les IDEX, subventionne déjà ces domaines d’excellence à hauteur de 145 millions d’euros. Les universités vont aller encore plus loin : pour 1 euro issu du projet IDEX mis dans les domaines d’excellence, c’est 3 euros que l’université doit mettre de ses fonds propres ! C’est donc une université à deux vitesses qui est en train d’être créée et une concurrence accrue entre les filières, les universités et les étudiants.
Enfin, l’UNEF dénonce l’hypocrisie qui consiste à cacher l’élitisme derrière le vernis de l’égalité des chances : avec la création du collège de la Sorbonne, c’est une poignée d’étudiants sélectionnés sur mention très bien au BAC qui recevront des « bourses d’excellence » pour leur éviter de se salarier, preuves manifestes de l’insuffisance générale du système d’aides sociales ; ils seront logés dans des cités universitaires privées financées par l’argent des enseignements délaissés. L’UNEF refuse que l’université favorise une élite entretenue aux  dépens de la masse des  étudiants.
Derrière cette excellence de façade, nous parlons bien ici d’élitisme !

L’UNEF réagit et s’oppose

L’UNEF dénonce la logique de financement sur projet. Le syndicat étudiant rappelle que l’Université est aujourd’hui un lieu de formation accessible à tous, qui doit avoir pour objectif la réussite d’un maximum  d’étudiants. L’UNEF invite les étudiants, les enseignants et toute la communauté universitaire à réagir contre ce projet. Il importe qu’à l’Université tous les enseignements soient financés selon leurs besoins, sans les mettre en concurrence.
Nous appelons le ministère à faire machine arrière et à ne pas sélectionner un projet qui comprend une restructuration grave de l’offre de formation autour d’une vision archaïque et élitiste de l’université.

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